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Bienvenue dans ce blog qui n’en est pas vraiment un.
Vous trouverez ici ma vision de l’Anarchie, des liens et toutes sortes d’informations.
Les livres et recueils sont par exemple disponibles à la page des liens.
Que vous fassiez déjà parti des insoumis, terroristes, rebelles, dangers sans comparaison, ou je ne sais quel nom encore que l’État attribue au anarchistes, il est certain que vous ne serez pas d’accord sur tout ce que vous allez lire. En effet, le système anarchiste est bien trop complexe pour être entendu de la même oreille par tous.
Mais quel est-il ce but ?
Comment est constitué l’Anarchie ?
Vous avez tout le temps de le découvrir…
Ce site est là pour ça.
Super Mouton.
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Nouveau !
Ce site receuille des textes anarchistes en tout genre. Pour les lires, cliquer sur liens, une liste d'ouvrages disponibles vous seront proposés. Ceux-ci sont situés sur mon second blog, construit en parallèle avec celui-ci. Si vous souhaitez completer la bibliothèque, envoyez moi un de vos receuils grâce au bouton d'envoi ci-dessous.
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Ma vision de l'anarchie, son évolution au cours du temps, des receuils et des liens... Faites le tour !!
Tuesday, December 27, 2005
BIENVENUE !
Saturday, November 5, 2005
DÉBAT

A l'heure où l'écologie prend une place primordiale dans notre monde, il est indispensable de savoir quel forme d'engagement doit prenre l'Anarchisme dans ce sujet.
J'attends vos réactions.
Monday, October 24, 2005
CITATIONS
_____________________________
Les citations Anarchistes sont très réputés pour parcourir des pays entiers et ainsi faire vivre ( survivre ) ce noble mouvement dans un environnement qui nous rejette de plus en plus.
En voici quelques unes.
Le nombre va vite s'agrandire et se diversifier.
______________________________________
La citation du jour :
On ne mesure pas sa liberté à la longueur de sa chaîne
Tag.
Dieu ( 7 )
Police ( 4 )
L'Utopie (7)
La guerre ( pas encore disponible )
Le vote ( pas encore disponible )
Le rêve ( pas encore disponible )
Les citations Anarchistes sont très réputés pour parcourir des pays entiers et ainsi faire vivre ( survivre ) ce noble mouvement dans un environnement qui nous rejette de plus en plus.En voici quelques unes.
Le nombre va vite s'agrandire et se diversifier.
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La citation du jour :
On ne mesure pas sa liberté à la longueur de sa chaîne
Tag.
Dieu ( 7 )
Police ( 4 )
L'Utopie (7)
La guerre ( pas encore disponible )
Le vote ( pas encore disponible )
Le rêve ( pas encore disponible )
Qu'est-ce que l'anarchie ?
L’ANARCHIE
Mais qu’est-ce au fond ?
Un parti politique ?
Une association ?
Une ligue ?
Ou simplement des idées…
Appelons plutôt ça un mouvement.
Mouvement car évolutif. Mouvement car social. Mouvement car sans distinction. Mouvement car, surtout, sans représentant.
L’Anarchie est tout sauf un parti.
C’est un ennemi du parti et de l’État.
L’Anarchie ne veut pas monter au pouvoir car elle conteste toute forme de domination.
Elle est basée sur plusieurs grands principes, le premier étant la liberté : Liberté d'association, de réunion, de cultes, de la presse, de la pensée et de la parole, du travail, commece et insutrie, de l'enseignement...Bref la liberté absolue.
D'autres principes que l'on croit inexistants sont pourtant majeurs dans le fonctionnement anarchiste : respect, solidarité, individualité, égalité, propriété...
Car la liberté est le but ultime de tout homme. Le seul moyen d’échapper aux cadences infernales, au fouets de la société qui précipite de plus en plus d’innocents dans l’abîme de la pauvreté. Pour que l’ordre, les sanctions et les lois puissent encore plus faire nous faire souffrir l’État utilise toute sorte de violence nous enchaînant plus que jamais et nous privant du peu de liberté qui nous restait.
En effet, nous ne pouvons plus le nier : Qui est responsable du sort des sans papiers, des sans logés, du chômage, de la Sécu…
A qui pensons-nous lorsque l’on nous apprend que les réformes Fillon passent malgré les nombreuses manifestations du peuple ? A qui pensons-nous lorsqu’un chômeur se trouve privé de ses indemnités chômage simplement parce qu’il a refusé à trois reprises les travails qu’on lui a proposés ? Et ce travail ? A temps fixé, sans liberté, sans droits syndicaux. A qui pensons-nous lorsque Sarkozi renvoie des sans papiers dans leur pays, les abandonnant à leur sort, sous le feu des caméras ?
Un seul nom nous vient à la bouche : L’État.
L’État est et restera toujours un monstre capitaliste, répugnant, cachant ses idées vicieuses sous une couverture soi disant démocrate.
Une seule démocratie est possible : La démocratie directe. Le seul mode gouvernemental au niveau du peuple, car celui-ci le constitue et le dirige. Personne n’est déçu d’un un autre, tous étant représenté par sa propre personne. L’anarchie considère chaque individu comme unique. Ainsi chaque humain a le même droit que les autres, sans la moindre distinction. Il a droit à tout n’est pas prisonnier mais se constitue lui même son domaine. Car nous pensons que seul de la liberté l’ordre peut naître. Seul du bien être les hommes s’associeront.
Voici les principales idées de l’Anarchie.
Cependant, comme vous aller le voir, ce mouvement est nettement plus complexe qu’il n’y paraît. A vous donc de découvrir tout ce qui le constitue.
Mais qu’est-ce au fond ?
Un parti politique ?
Une association ?
Une ligue ?
Ou simplement des idées…
Appelons plutôt ça un mouvement.
Mouvement car évolutif. Mouvement car social. Mouvement car sans distinction. Mouvement car, surtout, sans représentant.
L’Anarchie est tout sauf un parti.
C’est un ennemi du parti et de l’État.
L’Anarchie ne veut pas monter au pouvoir car elle conteste toute forme de domination.
Elle est basée sur plusieurs grands principes, le premier étant la liberté : Liberté d'association, de réunion, de cultes, de la presse, de la pensée et de la parole, du travail, commece et insutrie, de l'enseignement...Bref la liberté absolue.
D'autres principes que l'on croit inexistants sont pourtant majeurs dans le fonctionnement anarchiste : respect, solidarité, individualité, égalité, propriété...
Car la liberté est le but ultime de tout homme. Le seul moyen d’échapper aux cadences infernales, au fouets de la société qui précipite de plus en plus d’innocents dans l’abîme de la pauvreté. Pour que l’ordre, les sanctions et les lois puissent encore plus faire nous faire souffrir l’État utilise toute sorte de violence nous enchaînant plus que jamais et nous privant du peu de liberté qui nous restait.
En effet, nous ne pouvons plus le nier : Qui est responsable du sort des sans papiers, des sans logés, du chômage, de la Sécu…
A qui pensons-nous lorsque l’on nous apprend que les réformes Fillon passent malgré les nombreuses manifestations du peuple ? A qui pensons-nous lorsqu’un chômeur se trouve privé de ses indemnités chômage simplement parce qu’il a refusé à trois reprises les travails qu’on lui a proposés ? Et ce travail ? A temps fixé, sans liberté, sans droits syndicaux. A qui pensons-nous lorsque Sarkozi renvoie des sans papiers dans leur pays, les abandonnant à leur sort, sous le feu des caméras ?
Un seul nom nous vient à la bouche : L’État.
L’État est et restera toujours un monstre capitaliste, répugnant, cachant ses idées vicieuses sous une couverture soi disant démocrate.
Une seule démocratie est possible : La démocratie directe. Le seul mode gouvernemental au niveau du peuple, car celui-ci le constitue et le dirige. Personne n’est déçu d’un un autre, tous étant représenté par sa propre personne. L’anarchie considère chaque individu comme unique. Ainsi chaque humain a le même droit que les autres, sans la moindre distinction. Il a droit à tout n’est pas prisonnier mais se constitue lui même son domaine. Car nous pensons que seul de la liberté l’ordre peut naître. Seul du bien être les hommes s’associeront.
Voici les principales idées de l’Anarchie.
Cependant, comme vous aller le voir, ce mouvement est nettement plus complexe qu’il n’y paraît. A vous donc de découvrir tout ce qui le constitue.
Sunday, October 23, 2005
L'Unique et sa propriété
L’unique et sa propriété.
L’Unique
Chaque être humain est unique.
Toute personne a ses particularités, idées, projets.
Partant de ce principe, personne ne doit lui fixer ses limites c’est à lui
seul à choisir où aller et comment y aller.
Toutes les possibilités doivent être offertes à l’homme pour lui permettre
de s’épanouir le mieux qui le souhaite. Il choisira seul son chemin. Personne ne doit donc le représenter, choisir pour lui, de parler pour lui. Il doit rester maître de lui-même et ne se soumettre qu’à ses propres désirs.
Tout est liberté, possibilités infinis. L’Unique, l’homme, avance et trébuche à souhait tant qu’il ne nuit pas à autrui. La seule limite est ici, qu’il peut contourner simplement en la respectant.
Toutes les classes sociales doivent disparaîtrent, laissant place à l’égalité totale.
On ne peut cependant nier une chose : L’homme n’est pas fait pour vivre en solitaire.
L’Anarchie n’est pas l’individu, laissant chacun se débrouiller mais aussi souffrir, mais c’est l’individualisme. Chaque personne a le droit de refuser une aide et ainsi de mener sa propre vie. Il peut refuser tout ce qu’on lui demande, excepté en cas d’absolu nécessité. Il est maître de lui même, esclave de personne, mais n’est jamais abandonné.
L’homme est fait pour se réunir. Depuis sa plus tendre enfance il a besoin d’être en contact avec les autres. C’est ici qu’une des idées majeurs de l’Anarchie se trouve : L’association.
Les hommes ainsi peuvent faire parti de n’importe quel groupes, autant qu’ils le souhaitent, et ne sont jamais dépendant qu’eux. Ils peuvent partir à tout moment et ne restent tant que cela leur apporte quelque chose. Là encore un des piliers est présent. Le savoir d’un homme est d’autant plus puissant lorsqu’il choisit ce qu’il veut apprendre et combien de temps. Ne jamais rien imposer. Toute forme de société doit être présenté sous une association, chaque individu étant unique. Ainsi on ne peut pas considérer des hommes comme « semblables », en faire une généralité pour mieux les exploiter. C’est à eux de former leur monde, selon leurs idées, pour que rien ne viennent nous arrêter.
La propriété c’est le vol !
L’unique a droit à tout autant que personne n’a le droit de se revendiquer quelque chose.
La propriété d’une terre sera forcément rejetée. Nous n’avons pas eu le droit à la terre pour y planter des barrières. Nous sommes autant contre les frontières privées qu’internationale.
Le terrain appartient à tous, nul humain n’a le droit de se revendiquer une partie du sol.
Les habitations ne peuvent être louées. Controler ainsi la vie des occupants, les rendre dépendants de votre volonté est une chose qu'aucun système un minimum démocratique ne se doit d'accepter.
Ainsi les habitations restent la propriété de leurs occupants tant que le système ( démocratique directe ne l’oublions pas ) n’a pas choisi de s’en saisir pour une activité non personnelle. Cependant l’ancien occupant sera suffisamment indemnisé pour ne pas souffrir de cette perte. Tout appartient à tout le monde. Tant de problèmes ont déjà eu lieu ! Tant de scandales ! Qui a décrété que le sol pouvait être acheté ? Que l’on puisse interdir les gens de circuler ? La propriété c’est le vol ! Le vol de tous !
Ainsi, partant du principe que toutes les classes sociales n’existent plus, nul ne doit donc s’approprier de la terre, appartenant à tous, et qui ferait de lui un homme supérieur à son voisin.
Sunday, February 6, 2005
Stirner
Max STIRNER
Le contexte social de Max Stirner (1806-1856) est l'Allemagne au début de son industrialisation. La mutation de la société provoque la création de nombreuses entreprises et la disparition des anciens modes de production. Une bourgeoisie fortunée se développe sur les ruines des artisans dépassés par le progrès des techniques. L'Allemagne est à la recherche de son unité. Son morcellement est un obstacle à l'extension du grand capitalisme mais permet encore le maintien de petits ateliers ancrés dans la population des villes et des campagnes environnantes.
Sur le plan des idées, l'hégélianisme dominant se divise en spiritualistes déistes et en matérialistes athées. De ces derniers sortiront non seulement Marx et Engels, mais aussi Stirner.
La vie de Max Stirner est marquée par la médiocrité. Issu d'une famille de petits boutiquiers, il n'obtient son titre universitaire que difficilement. Il devient professeur de latin mais bientôt, privé de son emploi, il assure son existence en donnant cours et leçons et en complétant ses revenus, mais avec peu de succès, par l'exploitation de petits commerces. Il meurt seul et ruiné.
Stirner a lu beaucoup d'ouvrages et de publications d'avant-garde. Il a fréquenté des cercles littéraires et philosophiques où, s'il a pu rencontrer Marx, c'est surtout avec Engels qu'il a eu de nombreux entretiens. La publication d'articles dans des revues spécialisées lui a apporté une certaine notoriété, mais il est surtout connu pour son oeuvre majeure "L'Unique et sa propriété".
Le surnaturel a dominé l'existence des hommes depuis toujours. Obéissant à une volonté supérieure, ils devaient prière et respect à Dieu et ils en recevaient avec humilité épreuves et bienfaits. A présent que l'Homme a remplacé Dieu dans les réflexions modernes sur le monde, chacun doit révérer et se sacrifier pour l'Humanité. Un changement de mot n'entraîne pas un progrès dans les connaissances et le seul intéressé, l'individu, la personne, reste ce qu'il était, un être soumis.
Que Dieu soit la projection des hommes hors d'eux-mêmes, que l'Humanité habite en chacun d'entre nous, peu importe, dès lors que, au contraire, si l'individu est pluriel dans le prolongement de la tradition, ici et maintenant, il est autre et incomparable, il est singulier, Unique.
LE CENTREDU MONDEEST EN CHACUNDE NOUS
Croyant ou athée, Dieu ou Homme, l'objet du culte est de peu d'importance. L'essentiel pour le déiste comme pour le matérialiste est de servir un Être ou une Valeur. L'un vaut l'autre. Et aucun ne vaut plus que l'autre. Devant ces manifestations d'une époque révolue, ces affrontements polémiques et vains, ces oppositions de clochers ou de chapelles, l'attitude du véritable incroyant indépendant est le détachement, l'indifférence, l'abstention. Ces jeux ne le concernent pas.
Le centre du monde est en chacun de nous. Stirner constate que nos intérêts dominent nos comportements. Dans notre lutte contre les intérêts des autres, contre la prétention des autres d'être aussi le centre du monde, ces conflits, ces luttes pour l'autonomie et l'indépendance nous conduisent à l'affranchissement. Nous devenons sûrs de nous, nous comprenons que rien ne peut nous contraindre. Nous prenons conscience de nous-mêmes, de notre différence d'avec tous les autres, de notre singularité. "Je suis Unique". Du réalisme à l'idéalisme, le monde n'existe plus que pour nous seuls; il est notre imaginaire, notre création, notre propriété.
Après les hiérarchies de l'ancien régime, voici la Révolution confisquée par la bourgeoisie. L'État omniprésent remplace la pourpre et l'autel. Les privilèges de la noblesse et du clergé ont été transférés à l'État et l'État lui-même a été colonisé par la bourgeoisie. L'homme est libre puisqu'il ne dépend plus de la volonté de personne. Obéir à l'état, c'est comme obéir à Dieu, c'est être libre. L'homme peut faire tout ce que la loi n'interdit pas. Et la loi, c'est l'État, c'est la bourgeoisie. C'est elle qui fait la loi. L'État est tout et l'homme est heureux de le servir. La dérive de l'État démocratique et révolutionnaire vers l'État capitaliste et bourgeois a rejeté l'individualisme multiforme vers la sphère inférieure des occupations privées. L'égalitarisme public de façade sans originalité ni prérogative est la norme. Le rassemblement autour de l'État et la dépersonnalisation égalitaire qui s'opposaient si bien à l'échelle des ordres de l'ancien régime dissimulaient seulement un changement de maître. A présent, le citoyen dépend de l'État, instrument de la domination de la bourgeoisie. Sa sujétion est totale.
La souveraineté repose donc dans la loi dont les ordonnances s'imposent à tous de manière égale. Mais évidemment les différences sociales se manifestent surtout par la possession des biens. La liberté des personnes devra être complétée par la liberté des biens. Ceux-ci devront être dépersonnalisés et communautarisés. Ainsi plus personne ne possède plus rien, tout le monde est pauvre, c'est l'égalité du socialisme bourgeois. L'État détient le pouvoir de commander et la Société possède la propriété des biens. Dans cette perspective, le citoyen devient aussi un travailleur. Et les travailleurs dépendent les uns des autres par la division des tâches. Ceci donne au travailleur le sentiment de servir une cause supérieure, la collectivité. Le retour aux valeurs de l'ancien régime se complète ainsi par une nouvelle religiosité. Après la sacralisation de l'État, voici la sainteté du Travail.
APRESLA SACRALISATIONDE L'ÉTATVOICILA SAINTETEDU TRAVAIL
Quant à la grande cause de la liberté de l'humanité, cette idée est une abstraction. Les obstacles à la liberté des autres peuvent apparaître comme une aiguillon, comme un excitant dans l'existence. Mais liberté d'une personne n'est pas celle d'une autre. Les efforts pour donner la liberté au monde entier peuvent être perçus comme une atteinte à la liberté des individus, à leur originalité, comme une tentative d'imposer une forme de pensée unique et arbitraire alors que des notions aussi personnelles ne peuvent trouver leur expression que dans la conscience de chacun. Si l'individu peut lutter pour sa propre liberté, il ne peut imposer ses choix aux autres.
Par delà les affirmations de principes généreux, qui prennent la forme de l'égalité, du socialisme, de la liberté, le véritable moteur de l'activité de chaque individu, son ambition suprême, c'est la satisfaction de lui-même, la recherche de son profit personnel, c'est l'égoïsme. Peu importe le bonheur de l'humanité si je suis malheureux. Stirner arrive enfin au coeur de sa démonstration. L'amour du prochain est d'abord et surtout l'amour de soi-même. Et il en va de même des autres notions. Personne ne fait rien pour rien. L'égoïsme est le maître-mot de l'univers.
Si la liberté est accordée par des institutions, ou par d'autres personnes, dont les intérêts peuvent être très différents ou même opposés, sa conquête devient aléatoire ou impossible ou seulement probable. Alors que les ambitions sont diverses, la liberté revêt aussi les formes les plus variées. Elle ne se décrète pas. Elle ne peut pas être enfermée dans un stéréotype. Comme je suis Unique, la liberté, c'est la possibilité de réaliser ma personnalité, ma particularité, ma singularité, mon caractère Unique.
Mais pour que chacun ait seulement la possibilité de tenter de réaliser ses aspirations personnelles ou d'accomplir son destin Unique et original, la liberté doit être aussi comprise comme permettant la disposition de soi-même, comme autorisant tous et chacun à chercher sa voie en toute indépendance, de n'appartenir à personne, d'être la propriété de soi-même. Le droit de propriété s'applique d'abord à la personne. L'État ou la Société ne peuvent disposer des citoyens ni des travailleurs à leur gré. Ils se heurteront toujours à la volonté de propriété des personnes sur elles-mêmes. Pour pouvoir réaliser le caractère Unique de ma personne, je dois être propriétaire de moi-même.
Le contexte social de Max Stirner (1806-1856) est l'Allemagne au début de son industrialisation. La mutation de la société provoque la création de nombreuses entreprises et la disparition des anciens modes de production. Une bourgeoisie fortunée se développe sur les ruines des artisans dépassés par le progrès des techniques. L'Allemagne est à la recherche de son unité. Son morcellement est un obstacle à l'extension du grand capitalisme mais permet encore le maintien de petits ateliers ancrés dans la population des villes et des campagnes environnantes.
Sur le plan des idées, l'hégélianisme dominant se divise en spiritualistes déistes et en matérialistes athées. De ces derniers sortiront non seulement Marx et Engels, mais aussi Stirner.
La vie de Max Stirner est marquée par la médiocrité. Issu d'une famille de petits boutiquiers, il n'obtient son titre universitaire que difficilement. Il devient professeur de latin mais bientôt, privé de son emploi, il assure son existence en donnant cours et leçons et en complétant ses revenus, mais avec peu de succès, par l'exploitation de petits commerces. Il meurt seul et ruiné.
Stirner a lu beaucoup d'ouvrages et de publications d'avant-garde. Il a fréquenté des cercles littéraires et philosophiques où, s'il a pu rencontrer Marx, c'est surtout avec Engels qu'il a eu de nombreux entretiens. La publication d'articles dans des revues spécialisées lui a apporté une certaine notoriété, mais il est surtout connu pour son oeuvre majeure "L'Unique et sa propriété".
Le surnaturel a dominé l'existence des hommes depuis toujours. Obéissant à une volonté supérieure, ils devaient prière et respect à Dieu et ils en recevaient avec humilité épreuves et bienfaits. A présent que l'Homme a remplacé Dieu dans les réflexions modernes sur le monde, chacun doit révérer et se sacrifier pour l'Humanité. Un changement de mot n'entraîne pas un progrès dans les connaissances et le seul intéressé, l'individu, la personne, reste ce qu'il était, un être soumis.
Que Dieu soit la projection des hommes hors d'eux-mêmes, que l'Humanité habite en chacun d'entre nous, peu importe, dès lors que, au contraire, si l'individu est pluriel dans le prolongement de la tradition, ici et maintenant, il est autre et incomparable, il est singulier, Unique.
LE CENTREDU MONDEEST EN CHACUNDE NOUS
Croyant ou athée, Dieu ou Homme, l'objet du culte est de peu d'importance. L'essentiel pour le déiste comme pour le matérialiste est de servir un Être ou une Valeur. L'un vaut l'autre. Et aucun ne vaut plus que l'autre. Devant ces manifestations d'une époque révolue, ces affrontements polémiques et vains, ces oppositions de clochers ou de chapelles, l'attitude du véritable incroyant indépendant est le détachement, l'indifférence, l'abstention. Ces jeux ne le concernent pas.
Le centre du monde est en chacun de nous. Stirner constate que nos intérêts dominent nos comportements. Dans notre lutte contre les intérêts des autres, contre la prétention des autres d'être aussi le centre du monde, ces conflits, ces luttes pour l'autonomie et l'indépendance nous conduisent à l'affranchissement. Nous devenons sûrs de nous, nous comprenons que rien ne peut nous contraindre. Nous prenons conscience de nous-mêmes, de notre différence d'avec tous les autres, de notre singularité. "Je suis Unique". Du réalisme à l'idéalisme, le monde n'existe plus que pour nous seuls; il est notre imaginaire, notre création, notre propriété.
Après les hiérarchies de l'ancien régime, voici la Révolution confisquée par la bourgeoisie. L'État omniprésent remplace la pourpre et l'autel. Les privilèges de la noblesse et du clergé ont été transférés à l'État et l'État lui-même a été colonisé par la bourgeoisie. L'homme est libre puisqu'il ne dépend plus de la volonté de personne. Obéir à l'état, c'est comme obéir à Dieu, c'est être libre. L'homme peut faire tout ce que la loi n'interdit pas. Et la loi, c'est l'État, c'est la bourgeoisie. C'est elle qui fait la loi. L'État est tout et l'homme est heureux de le servir. La dérive de l'État démocratique et révolutionnaire vers l'État capitaliste et bourgeois a rejeté l'individualisme multiforme vers la sphère inférieure des occupations privées. L'égalitarisme public de façade sans originalité ni prérogative est la norme. Le rassemblement autour de l'État et la dépersonnalisation égalitaire qui s'opposaient si bien à l'échelle des ordres de l'ancien régime dissimulaient seulement un changement de maître. A présent, le citoyen dépend de l'État, instrument de la domination de la bourgeoisie. Sa sujétion est totale.
La souveraineté repose donc dans la loi dont les ordonnances s'imposent à tous de manière égale. Mais évidemment les différences sociales se manifestent surtout par la possession des biens. La liberté des personnes devra être complétée par la liberté des biens. Ceux-ci devront être dépersonnalisés et communautarisés. Ainsi plus personne ne possède plus rien, tout le monde est pauvre, c'est l'égalité du socialisme bourgeois. L'État détient le pouvoir de commander et la Société possède la propriété des biens. Dans cette perspective, le citoyen devient aussi un travailleur. Et les travailleurs dépendent les uns des autres par la division des tâches. Ceci donne au travailleur le sentiment de servir une cause supérieure, la collectivité. Le retour aux valeurs de l'ancien régime se complète ainsi par une nouvelle religiosité. Après la sacralisation de l'État, voici la sainteté du Travail.
APRESLA SACRALISATIONDE L'ÉTATVOICILA SAINTETEDU TRAVAIL
Quant à la grande cause de la liberté de l'humanité, cette idée est une abstraction. Les obstacles à la liberté des autres peuvent apparaître comme une aiguillon, comme un excitant dans l'existence. Mais liberté d'une personne n'est pas celle d'une autre. Les efforts pour donner la liberté au monde entier peuvent être perçus comme une atteinte à la liberté des individus, à leur originalité, comme une tentative d'imposer une forme de pensée unique et arbitraire alors que des notions aussi personnelles ne peuvent trouver leur expression que dans la conscience de chacun. Si l'individu peut lutter pour sa propre liberté, il ne peut imposer ses choix aux autres.
Par delà les affirmations de principes généreux, qui prennent la forme de l'égalité, du socialisme, de la liberté, le véritable moteur de l'activité de chaque individu, son ambition suprême, c'est la satisfaction de lui-même, la recherche de son profit personnel, c'est l'égoïsme. Peu importe le bonheur de l'humanité si je suis malheureux. Stirner arrive enfin au coeur de sa démonstration. L'amour du prochain est d'abord et surtout l'amour de soi-même. Et il en va de même des autres notions. Personne ne fait rien pour rien. L'égoïsme est le maître-mot de l'univers.
Si la liberté est accordée par des institutions, ou par d'autres personnes, dont les intérêts peuvent être très différents ou même opposés, sa conquête devient aléatoire ou impossible ou seulement probable. Alors que les ambitions sont diverses, la liberté revêt aussi les formes les plus variées. Elle ne se décrète pas. Elle ne peut pas être enfermée dans un stéréotype. Comme je suis Unique, la liberté, c'est la possibilité de réaliser ma personnalité, ma particularité, ma singularité, mon caractère Unique.
Mais pour que chacun ait seulement la possibilité de tenter de réaliser ses aspirations personnelles ou d'accomplir son destin Unique et original, la liberté doit être aussi comprise comme permettant la disposition de soi-même, comme autorisant tous et chacun à chercher sa voie en toute indépendance, de n'appartenir à personne, d'être la propriété de soi-même. Le droit de propriété s'applique d'abord à la personne. L'État ou la Société ne peuvent disposer des citoyens ni des travailleurs à leur gré. Ils se heurteront toujours à la volonté de propriété des personnes sur elles-mêmes. Pour pouvoir réaliser le caractère Unique de ma personne, je dois être propriétaire de moi-même.
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